Les épisodes de canicule se multiplient et s'intensifient. Au-delà de leurs conséquences sur la santé, l'agriculture ou les ressources en eau, ils ont également un impact majeur sur les bâtiments. Parmi les phénomènes les plus préoccupants figure le retrait-gonflement des sols argileux (RGA), responsable de milliers de sinistres chaque année en France.
Pourquoi les périodes de forte chaleur aggravent-elles ce phénomène ? Quels sont les bâtiments les plus exposés ? Et surtout, comment limiter les risques ? Décryptage.
Les sols argileux possèdent une caractéristique particulière : ils réagissent fortement aux variations de leur teneur en eau.
Lorsque le sol est humide, les minéraux argileux absorbent l'eau et augmentent de volume. À l'inverse, lors des périodes de sécheresse prolongée, ils perdent leur humidité et se contractent. Ce mouvement de retrait peut atteindre plusieurs centimètres selon la nature du terrain.
Les fondations des bâtiments reposant sur ces sols subissent alors des déplacements différentiels qui peuvent fragiliser la structure.
Les canicules, associées à des déficits de précipitations parfois importants, accélèrent le dessèchement des premiers mètres du sol. Plus les températures sont élevées et les sécheresses longues, plus les mouvements du terrain deviennent importants.
Depuis plusieurs années, la France connaît une succession d'étés exceptionnellement chauds.
Ces épisodes présentent plusieurs caractéristiques qui favorisent le retrait des argiles :
Les mouvements différentiels du terrain ne provoquent généralement pas un effondrement des constructions. En revanche, ils génèrent progressivement des désordres parfois très coûteux à réparer.
Les signes les plus fréquents sont :
Les maisons individuelles constituent la majorité des bâtiments touchés.
Plusieurs facteurs augmentent leur vulnérabilité :
Il n'est pas possible d'empêcher les variations naturelles des sols, mais plusieurs mesures permettent d'en limiter les conséquences.
Lors d'une construction neuve, une étude géotechnique permet de caractériser le terrain et de définir des fondations adaptées au contexte local.
Les infiltrations d'eau localisées ou, au contraire, un assèchement excessif autour du bâtiment peuvent accentuer les mouvements du sol.
Une bonne gestion des eaux pluviales contribue à maintenir un comportement plus homogène du terrain.
Les arbres implantés à proximité des constructions peuvent prélever d'importantes quantités d'eau dans le sol pendant les périodes chaudes.
Le choix des essences, les distances de plantation et l'entretien de la végétation doivent être pris en compte afin de limiter leur influence sur les fondations.
L'apparition de fissures doit faire l'objet d'un suivi afin d'évaluer leur évolution. Une expertise peut permettre de distinguer un désordre superficiel d'un problème structurel nécessitant une intervention.
Le retrait-gonflement des argiles est aujourd'hui l'un des principaux risques naturels affectant les maisons en France. Les épisodes de canicule observés ces dernières années montrent que ce phénomène n'est plus exceptionnel mais tend à devenir récurrent.
Face à cette évolution, la prévention joue un rôle essentiel. Une meilleure connaissance du sol avant la construction, une conception adaptée des ouvrages et une surveillance régulière des bâtiments permettent de réduire les conséquences des sécheresses sur le patrimoine bâti.
Dans un contexte de changement climatique, intégrer le risque de retrait-gonflement des argiles devient désormais un élément incontournable de la gestion durable des constructions.
Depuis le 1er janvier 2024 la Déclaration Attestant de Achèvement et de la Conformité des Travaux impose une attestation RGA (AT.2) poru les constructions situées dans les zones à risque 2/3 et 3/3.
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